Devenir art-thérapeute ? Réponse globale à ceux qui réfléchissent à ce métier

Je reçois régulièrement des messages de personnes qui se demandent si le métier d’art-thérapeute pourrait être la bonne voie pour eux, qui me demandent mon avis, mon conseil, et qui s’interrogent sur leurs propres capacités à pouvoir aider les autres. J’ai donc décidé de rassembler ici quelques éléments que je réponds souvent.

Pour ceux qui se demandent si je pense qu’ils peuvent faire ce métier, je vous conseille d’apprendre à vous faire confiance et à suivre votre ressenti. Surtout que vous en aurez beaucoup besoin si vous devenez art-thérapeute. C’est à vous de sentir si vous pouvez le faire ou non. Personne d’autre que vous ne détient la vérité qui vous concerne personnellement.

Pour ceux qui « se forcent » à choisir cette voie, parce qu’on les voit bien là-dedans, parce que c’est le débouché qui leur va bien selon telle ou telle personne, je vous conseille de prendre le temps de bien réfléchir. Vous devez faire les choses pour vous, parce que cela a du sens, parce que c’est inscrit au plus profond de vous et que c’est ce que vous voulez faire. Aucun métier n’est valable s’il n’est pas l’expression (au moment où vous le faites, car on peut changer de métier dans sa vie) de ce qui a du sens tout au fond de vous.

Et à ceux qui ont ces questionnements ci-dessus, voilà ce que je précise : faire des choix, c’est prendre la responsabilité de votre vie. Laisser les autres choisir pour vous, leur remettre ce pouvoir, je ne vous le conseille pas. Votre responsabilité personnelle est essentielle, parce qu’il s’agit de votre vie. Personne ne doit vivre votre vie à votre place. Et si cela ne convient pas à quelqu’un, tant pis. Et si vous vous trompez, tant pis aussi. Rien n’est grave. Sauf de ne pas choisir pour soi ce qu’on veut expérimenter. Cela demande du courage, cela demande d’assumer et non pas d’avoir en réserve une excuse déresponsabilisante. Prendre une voie professionnelle plutôt qu’une autre, c’est votre choix, et c’est donc votre responsabilité.

Pour ceux qui considèrent qu’ils ont un parcours un peu particulier qui fait qu’ils ne sont pas sûrs d’avoir le bon bagage pour ce métier, je leur conseille la lecture du livre d’Amin Maalouf, Les identités meurtrières. Nous avons tous des parcours particuliers. Absolument tous. Nous sommes tous uniques dans ce que nous vivons. C’est aussi notre force, car elle fait notre spécificité. Nous avons tous un héritage, un parcours, des blessures d’enfant ou d’adulte, un environnement de vie, des réussites et des échecs, des apprentissages. Et c’est pour cela que notre complexité (et même nos contradictions) est notre identité unique. Ni meilleure, ni pire, mais unique. Votre parcours particulier est le vôtre : il n’est pas un frein, mais une identité.
Ma manière d’exercer mon métier est unique. Et je le dis sans aucune prétention : je parle d’être différente, pas d’être meilleure. Parce que je suis une art-thérapeute avec mon parcours personnel, mon vécu, mes autres outils, mon intuition, mes failles et mes faiblesses, mes forces aussi. Mes choix, aussi, comme par exemple celui d’exercer en direction des milieux professionnels plutôt qu’en cabinet. Chaque art-thérapeute est totalement unique parce que nous ne sommes pas deux à avoir le même parcours. Ce n’est pas le métier qui est important, c’est l’être humain qui l’exerce.

Pour ceux qui se demandent s’ils n’ont pas eux-mêmes des choses à soigner avant de devenir thérapeute, je réponds que nous avons tous du travail à faire sur nous. Le parcours d’enseignement en art-thérapie (en tout cas dans un centre de formation comme le mien, à savoir l’Institut Cassiopée à Chatou, car je ne connais pas les autres enseignements et donc ne peux pas juger de leur contenu) vous fait expérimenter sur vous-même les différentes techniques de soin, en premier lieu. J’ai beaucoup appris sur moi pendant ma propre formation. Cela n’a pas été toujours facile. J’ai douté. J’ai pleuré. Mais comment puis-je demander à ceux que je rencontre de travailler sur eux et de se libérer de leurs blocages, si je ne commence pas par le faire moi-même ? C’est une question de congruence. Une valeur importante à mes yeux.
En outre, pour moi un thérapeute continue à travailler sur lui, même une fois installé. Nous avons aussi des supervisions régulières. Il faut savoir se remettre en question pour rester honnête et juste dans notre métier. Il faut aussi pouvoir se libérer de tout ce que les gens vous apportent et qui font écho en vous, pouvant même réveiller certaines blessures enfouies. Pour moi, nous avons du travail à faire sur nous toute notre vie.

 

J’espère que ces quelques éléments, qui reviennent régulièrement dans les questions qu’on me pose, pourront être utiles à d’autres. Quelque part, ils valent tous pour n’importe quel choix de voie professionnelle. Nous avons besoin que notre travail ait du sens, idéalement selon le fameux ikigai japonais. C’est aussi une notion qui émerge avec la Qualité de Vie au Travail (QVT).
Et pour ceux qui auraient envie d’être accompagnés dans cette démarche, je co-anime des stages avec Feannag Conseil, dont le module 1 offre la possibilité de se reconnecter, justement, à ce qui a du sens pour soi, en lien avec la construction de son avenir professionnel.

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